En partant de Windhoek, nous nous sommes dirigés vers le ventre sec de la Namibie avec Spitzkoppe comme première étape. Des pics de granit vieux de 120 millions d'années s'élèvent vers le ciel, l'étendue infinie du désert du Namib, sans âme qui vive à perte de vue. Connu pour ses peintures rupestres anciennes et ses couchers de soleil qui brillent comme les flammes d'un feu de camp, Spitzkoppe est un endroit qui restera à jamais gravé dans nos mémoires.
Au nord-ouest, la Skeleton Coast nous attendait, mais d'abord le cratère de Messum, une formation en forme de bol produite par une éruption volcanique. Nous avons fait un détour, préférant la curiosité à la prudence, et avons passé quatre heures à essayer de retrouver notre chemin. Dans le silence du cratère, le silence pesait ; seul le crissement des pneus sur le gravier nous rappelait que nous étions toujours en mouvement.
De là, nous avons coupé à l'intérieur des terres, en direction de la plaine de sel blanche dans le parc national d'Etosha. Nous avons parcouru ce que peu osent tenter : toute la largeur du parc, de la porte est à la porte ouest. La route était moins une route qu'un test ; lits de rivières asséchés, nids-de-poule profonds, et le bruit constant des pneus qui cèdent.
Et ce n'était pas seulement des pneus crevés que nous avons rencontrés.
Pendant six des dix jours, nous avons vécu sans signal. Hors réseau et coupés du monde chez nous, tout ce que nous avions, c'était les uns les autres. Nous ne pouvions pas compter sur la technologie pour nous indiquer le chemin. Juste une carte usée étalée sur le capot, des doigts traçant des lignes de point en point, des décisions prises par boussole et instinct.
Ensuite, nous avons atteint la bande de Caprivi, en nous dirigeant vers le delta de l'Okavango au Botswana et le Zimbabwe. Dans le parc national du Botswana, connu pour l'absence de clôtures, nous vivions vraiment parmi la faune.
Chaque nuit, nous installions le camp avec une tente de toit fixée au sommet du 4x4 avec rien d'autre qu'une échelle de 6 pieds nous séparant de ce qui rôdait en dessous. Une nuit, nous nous sommes réveillés avec une famille de hyènes explorant notre véhicule, une autre, un hippopotame traversant directement le camp.
Enfin, nous avons pris la direction du sud-est pour retourner en Namibie.
Un pays peu peuplé, entouré de désert et de vastes cieux ouverts, où l'on rencontre plus de faune que d'humains. La Namibie ne vous offre pas l'aventure. Elle l'exige. Elle élimine le bruit, le signal, les raccourcis, jusqu'à ce qu'il ne reste que la route, la chaleur, la poussière sur votre peau, et les personnes à vos côtés. Et quelque part là-bas, dans le calme vaste et ancien, vous trouvez exactement ce que vous cherchiez, un sentiment d'appréciation qui ne peut venir que d'un chemin moins fréquenté.